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Pour une agriculture de proximité.

Ainsi que l’affirmait l’article « Développer des activités agricoles sur l’île d’Yeu », dans le N° 29 du Bulletin de l’Association Yeu Demain (Décembre 2009), « l’île devrait tendre à produire les fruits et légumes nécessaires à la consommation de la population permanente ».

Il semble raisonnable de penser qu’une part importante des produits frais continuera de venir du continent et du reste du monde, via les deux grandes surfaces dont l’île bénéficie, tant nous sommes habitués à la diversité et au « tout en toutes saisons ». Cependant de plus en plus nombreux sont ceux sur l’île, qui pensent qu’il peut être très profitable de développer des vergers, des tenues maraîchères, la production de fleurs et de plantes médicinales, de l’élevage, et la transformation d’autres produits pour avoir une agriculture de proximité.

L’évolution du secteur agricole français depuis cinquante ans s’est faite au détriment de ces activités à débouché local, qui permettent pourtant de nourrir en fruits, légumes, viandes et autres produits dérivés les populations, faisant ainsi l’économie des coûts de transport, de stockage et de distribution. Le secteur agricole occupait 30% de la population active après la seconde guerre mondiale, contre à peine  2% aujourd’hui ! Des régions entières sont au bord de la désertification du fait des méthodes culturales trop intensives à base d’insecticides, pesticides et engrais  chimiques qui polluent non seulement les terres mais aussi les nappes phréatiques, les légumes et les fruits. Les choix d’après guerre et de la Politique Agricole Commune  (PAC) ont atteint leurs limites. Crise de légitimité et crise de financement. Le secteur est durement atteint. 

Depuis une dizaine d’années un mouvement fort se dessine : la volonté des populations de se fournir directement auprès des producteurs. L’initiative vient des producteurs, mais aussi des consommateurs et des acteurs locaux tels que les municipalités et les associations. N’est-il pas paradoxal que dans le premier pays agricole de l’Europe il faille acheter ses produits frais à l’autre bout de la Communauté européenne, ou à l’autre bout du Monde ? Un yaourt a parcouru plusieurs milliers de Km avant d’arriver dans nos assiettes.

Les maraîchers, petits éleveurs, producteurs de fromages et producteurs de fruits  qui subsistent (contre vents et marées, souvent) autour des grandes villes et des villes moyennes continuent de fournir autant que faire se peut, les marchés urbains. Et la demande ne fléchit pas, bien au contraire. L’Agriculture biologique, ainsi que les efforts pour respecter un cahier des charges « économiquement durable », se développe au fur et à mesure que la population prend conscience des dérives de notre agro-industrie et de notre système de distribution. Comme pour beaucoup de changements en matière de consommation, ce sont les couches aisées qui sont souvent à l’avant garde. Mais on aurait tort de dire que « tout ça c’est une affaire de bobos » ! C’est vrai que le « bon » coûte souvent plus cher. Mais combien d’entre nous n’ont-ils pas fait l’expérience de jeter les tomates qui n’ont aucun goût ? Combien d’entre nous ajoutons quantité de sel et de sucre pour donner du goût aux aliments ? Or, c’est mauvais pour la santé et c’est du gaspillage. Il est temps de refaire nos comptes et de penser à notre santé. On peut manger autrement et mieux.  Mais cela coûte plus cher ? A voir ! Et même si nous devions payer plus ? Cela en vaut sûrement la peine ! 

Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) se multiplient, des associations tels que « Terres de liens » cherchent et développent des solutions qui permettent d’acheter des terres, afin de les mettre à disposition d’agriculteurs empêchés de travailler du fait de la rareté et du prix du foncier, du fait aussi de la concurrence de pays où les travailleurs de la terre sont surexploités dans des conditions scandaleuses... Des Mairies mettent à disposition d’agriculteurs des terrains communaux ici, soutiennent réflexions et projets là... Cependant l’agriculture de proximité est encore très limitée et entravée.  Le Grenelle de l’Environnement n’a pas semble-t-il mis en avant de mesures décisives. La réforme (toujours en cours) de la PAC manque de transparence et ne semble pas aller suffisamment dans le bon  sens. Aussi faut-il se mobiliser là où nous pouvons agir sans attendre que toutes les solutions viennent d’ « en haut » (Etats, Union européenne, Grenelle de l’environnement, etc.). Ces institutions sont l’objet de pressions lobbyistes extrêmement puissantes, c’est pourquoi nous devons y voir clair et défendre nos propres intérêts.

Pour un grand nombre de personnes ayant connu en cinquante ans la disparition des emplois agricoles, et une transformation profonde de ce secteur d’activité, l’achat de la nourriture dans les grandes surfaces avait toutes les apparences du progrès. Commodité, abondance, diversité et prix parfois plus bas.

Aujourd’hui, un nouveau tournant est peut-être en train de se dessiner et il serait urgent de le prendre dans les meilleures conditions.

Soutenir les agriculteurs qui souhaitent s’installer ou développer leurs activités, c’est d’abord leur faire savoir qu’on a besoin d’eux, les soutenir dans leurs initiatives, ensuite leur acheter leurs produits.

C’est aussi en tant que citoyens, réfléchir ensemble, et trouver des solutions ensemble.

L’urgence écologique vient aussi renforcer l’utilité potentielle de ces choix, et aux avantages en terme de transport et de stockage il faut ajouter ceux de la qualité (fraîcheur, valeur nutritionnelle, terroir, maturation hors chambre froide et sans rayonnement ionisant), des relations humaines (paniers, cueillettes, marchés de proximité), de l’emploi et donc du développement local.

Tous les responsables de nos économies, relayés par les médias, une grande majorité des scientifiques, les défenseurs du Tiers-monde, et une partie croissante des médecins convergent dans leurs arguments pour défendre le développement d’une agriculture de proximité respectueuse de notre santé, de l’environnement et du développement durable. Mais ils n’avanceront pas sans les consommateurs et les citoyens que nous sommes. Il y a trop d’enjeux sur les plateaux de la balance.

Ainsi, développer l’agriculture locale ce n’est pas un retour en arrière. C’est vital, c’est bon, ça peut être sympa et cela crée des emplois.   Ile d’Yeu, le 5 01 2010 Cristi COHEN

 

Projet éolien au large de l'Ile d'Yeu

Le point de vue d' adhérents et la réponse de Yeu-Demain

Les informations contenues dans les bulletins de l’Association « Ile d’Yeu Demain » et la publicité distribuée par les promoteurs, ont suscité de l’un de nos adhérents parmi les plus anciens et les plus fidèles, les quelques remarques ci-après. Deux autres adhérents ont souhaité apporter leur point de vue dans le débat.

Enfin, notre association a tenu à appeler ses arguments en faveur de l’éolien en mer. [lire les points de vue]

En date du 13 janvier (un adhérent s'interroge)


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